Cosignée par 91 parlementaires, la proposition de loi n°3090 veut aligner la fiscalité crypto sur celle des actions et protéger les dirigeants menacés.
Le député Paul Midy a déposé à l’Assemblée nationale un texte issu d’un hackathon législatif organisé avec l’ADAN. Objectif affiché: lever plusieurs zones grises fiscales qui pénalisent les acteurs français des actifs numériques. Le texte porte la référence n°3090 et rassemble 91 signataires. Il ne touche pas au taux de la flat tax, mais réécrit plusieurs règles d’assiette et de déclaration. Détail des mesures.
La philosophie du texte tient en une phrase: imposer l’événement qui génère un revenu, pas l’attribution d’un actif non valorisé. C’est exactement la logique déjà appliquée aux valeurs mobilières classiques. Le secteur réclame cet alignement depuis plusieurs projets de loi de finances.
Ce qui change concrètement
Premier volet, les airdrops. Les tokens perçus lors d’une distribution ne seraient imposés qu’au moment de leur cession, et non plus dès leur attribution. La même mécanique s’appliquerait aux jetons de gouvernance distribués par un protocole pour récompenser ses contributeurs, seul l’événement générateur de revenus étant taxé. Cette idée avait déjà été portée par Paul Midy lors du dernier projet de loi de finances, sans être retenue.
Deuxième mesure, la plus attendue: les moins-values réalisées sur cryptomonnaies deviendraient reportables sur dix ans, un calque direct du régime des actions. Le texte prévoit aussi une exonération des paiements en crypto jusqu’à 1 000 euros par an, pour lever la friction fiscale sur les micro-usages du quotidien. Un débat que les États-Unis n’ont toujours pas tranché, plusieurs projets de “de minimis” y ayant échoué[4]. Enfin, l’adresse personnelle des dirigeants d’entreprises crypto serait masquée dans les registres publics, et les frais de protection engagés par une société ne pourraient plus être requalifiés en abus de bien social. Le régime pilote DLT européen serait ouvert aux SAS.
📊 Chiffres clés
-
- Référence du texteproposition de loi n°3090
- Parlementaires signataires91
- Report des moins-values10 ans (alignement sur les actions)
- Exonération des paiements cryptojusqu’à 1 000 € par an
Source: Cryptoast / Assemblée nationale
Fiscalité et protection des dirigeants: les enjeux
Ce que vous devez faire
Rien pour l’instant: aucune de ces mesures n’est en vigueur. Le texte doit encore être inscrit à l’ordre du jour parlementaire, l’étape la plus incertaine du parcours. Tant qu’il n’est pas adopté, la fiscalité issue de la loi PACTE reste la règle, avec la flat tax de 30 % sur les plus-values. Attention par ailleurs au calendrier international: les cadres CARF de l’OCDE et DAC8 de l’Union européenne sont entrés en implémentation opérationnelle le 1er janvier 2026, avec des premiers échanges de données entre administrations attendus en 2027[3]. Conservez l’historique complet de vos transactions et déclarez vos comptes détenus à l’étranger.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement. Les crypto-actifs sont des placements très volatils et présentent un risque de perte totale du capital investi. Faites vos propres recherches (DYOR) et, si besoin, consultez un conseiller financier agréé avant toute décision d’investissement.
Proposition de loi crypto n°3090: ce qu’il faut retenir
- Texte déposé à l’Assemblée sous la référence n°3090, cosigné par 91 parlementaires
- Airdrops et jetons de gouvernance imposés à la cession, plus à l’attribution
- Moins-values crypto reportables sur 10 ans, comme les actions
- Paiements en crypto exonérés jusqu’à 1 000 € par an
- Adresse personnelle des dirigeants masquée dans les registres publics
Sources
2 sources · 2 faits vérifiés
- Ethereum : cette proposition veut détruire les récompenses des validateurs si le staking dépasse 50% - 5 août 2026
- BitMine touche 4,8 % de l’offre d’Ethereum : ce que change son objectif de 5 % pour le marche ETH - 4 août 2026
- Ethereum a signé son meilleur mois en un an : pourquoi août 2026 divise les analystes - 3 août 2026





