Bitcoin évolue 50 % sous son dernier sommet historique, après plus de 40 semaines de marché baissier. Plusieurs indicateurs rarement observés convergent vers une zone de capitulation. Mais un signal survendu n’est pas un plancher. Voici ce que les cycles passés enseignent, sans complaisance ni euphorie.
Le marché aime les récits simples., celui qui circule tient en une phrase: Bitcoin serait proche de son point bas. L’argument s’appuie sur une batterie d’indicateurs techniques qui virent au vert, relayés par un analyste de Blockworks. La donnée est réelle. L’interprétation, elle, mérite d’être passée au crible.
Parce qu’à ce stade du cycle post-halving, la tentation est grande de confondre survente extrême et retournement imminent. Les deux ne sont pas synonymes. En 2022, les mêmes signaux clignotaient déjà, et le BTC a encore perdu près de 30 % avant de toucher son fond. La rigueur impose de distinguer ce que le marché espère de ce que les données montrent réellement.
Un Bitcoin jamais aussi survendu face au Nasdaq et à l’or
Le RSI appliqué au ratio Nasdaq 100 / Bitcoin atteint 72,6, son plus haut niveau jamais enregistré. Cet indicateur mesure la survente du BTC face au secteur technologique américain. Le précédent record datait de septembre 2022, à 68,5. Autrement dit, jamais Bitcoin n’a été aussi bon marché relativement aux actions tech qu’.
Le second signal concerne l’or. En février 2026, le RSI du ratio or / Bitcoin a touché 80, indiquant que le métal jaune n’avait jamais été aussi suracheté face au BTC. Depuis, avec la chute de 29 % du cours de l’or, ce RSI est repassé sous les 60. Lors des cycles précédents, ce ratio dépassant 70 a systématiquement marqué des points bas de long terme pour Bitcoin.
Voilà pour la promesse. Le problème, c’est la précision. Cet indicateur n’est pas un déclencheur. En 2022, quand il dépassait 70 face à l’or et 66 face au Nasdaq, le cours du BTC a continué de chuter de près de 30 % et n’a marqué son plancher que quatre mois plus tard. Un signal survendu signale une zone d’intérêt, pas un timing d’achat.
| Indicateur | Niveau actuel | Précédent record |
|---|---|---|
| RSI Nasdaq 100 / BTC | 72,6 | 68,5 (sept. 2022) |
| RSI Or / BTC | Sous 60 (pic à 80 en févr. 2026) | 70+ lors des cycles précédents |
Source: Cryptoast (Blockworks, TradingView)
Le prix réalisé à 53 000 dollars, le vrai repère à surveiller
Le prix réalisé estime le prix d’achat moyen de l’ensemble des BTC en circulation. Il se situe autour de 53 000 dollars, soit environ 18 % sous le cours actuel. Ce niveau identifie la zone où une grande partie du marché commence théoriquement à détenir ses bitcoins en perte latente. C’est un indicateur on-chain, bien plus robuste qu’un RSI, car il reflète le comportement réel des détenteurs.
Ce prix réalisé constitue un repère, pas un plancher. Bitcoin n’a passé que 12 % de son existence sous cet indicateur. Mais un détail change tout: tous les points bas des précédents bear markets ont été enregistrés après une cassure de ce niveau. L’histoire des cycles suggère donc que le BTC pourrait encore revenir vers les 53 000 dollars, voire passer temporairement sous ce seuil, avant d’inscrire son bottom.
Cette hypothèse ne contredit pas la thèse d’un fond proche. Elle la complète. Après les sommets de 2013, 2017 et 2021, Bitcoin a atteint son point bas avant la 60e semaine suivant le pic précédent. Le cycle actuel se situe autour de sa 40e semaine. Si ce schéma se répète, un éventuel bottom pourrait tomber avant la fin novembre 2026.
La logique monétaire ici est simple. L’offre est plafonnée à 21 millions et le rythme d’émission a été divisé par deux au dernier halving. Un cours qui plonge sous le coût d’acquisition moyen du marché exerce une pression maximale sur les vendeurs les plus fragiles. C’est précisément ce processus de purge qui, historiquement, précède la reconstruction d’une base solide.
Ce que ces signaux changent pour les détenteurs de BTC
Les flux ETF racontent une capitulation en cours
Du côté des ETF Bitcoin spot, l’ambiance est loin d’un rebond. Ces produits viennent de conclure une série record de 13 jours de sorties nettes consécutives, se soldant par environ 4,68 milliards de dollars de retraits[2]. C’est un chiffre lourd. Il traduit un désengagement institutionnel qui alimente la pression baissière plutôt qu’il ne l’absorbe.
Cette hémorragie s’accompagne d’un comportement révélateur chez les détenteurs récents. Le transfert des short-term holders vers les plateformes d’échange est le plus déséquilibré de l’année, motivé par les pertes. Un ratio de 100 % de pertes pour 0 % de profits signale l’absence de rotation ou de prise de bénéfices mesurée. Seulement des sorties dictées par la peur.
Les acheteurs entrés près des sommets, dans la zone des 80 000 dollars, se retrouvent fortement en perte. Plutôt que d’attendre une reprise, ils envoient leurs bitcoins vers les exchanges pour vendre à la baisse. À court terme, c’est l’évolution de ces flux entrants qu’il faut surveiller. Tant qu’ils ne se tarissent pas, la capitulation n’est pas terminée.
L’ampleur des pertes latentes confirme le diagnostic. Le pourcentage de l’offre en perte latente ne cesse de grimper, avec près de 640 milliards de dollars de pertes cumulées sur le réseau[3]. Ce n’est pas anodin: plus la part de l’offre en perte augmente, plus le marché s’approche d’un point d’épuisement des vendeurs.
La volatilité au plancher, le signe d’une fin de vente
Voici l’anomalie qui mérite l’attention. Le dernier rapport trimestriel d’ARK Invest révèle que la volatilité du Bitcoin reste proche de ses plus bas niveaux historiques, malgré une chute de 14 % du cours au deuxième trimestre 2026[5]. Une baisse sévère sans emballement de la volatilité, c’est inhabituel.
Pour les analystes d’ARK, cette absence de panique s’explique par un marché en fin de vente, pas par une phase de capitulation aiguë. La lecture est contre-intuitive. Une chute brutale accompagnée d’un pic de volatilité signale généralement une purge violente et rapide. Une chute lente et ordonnée, à volatilité basse, suggère plutôt un épuisement progressif de l’offre disponible à la vente.
Cette configuration recoupe la thèse d’un bottom qui se construit dans la durée plutôt que par un choc unique. Le BTC affiche une performance nulle depuis mars 2021 et face au Nasdaq depuis novembre 2017, malgré une volatilité largement supérieure à celle de l’indice américain. Le rendement ajusté au risque de ce cycle a été médiocre. C’est un fait, pas une opinion.
Les erreurs à éviter face à ces signaux
La première erreur serait de traiter un indicateur survendu comme un ordre d’achat. Le RSI des ratios or/BTC et Nasdaq/BTC identifie une zone de valorisation extrême, pas un point de retournement. En 2022, ces mêmes niveaux ont précédé quatre mois de baisse supplémentaire. Confondre extrême et retournement, c’est acheter trop tôt et subir la dernière jambe de la chute.
La deuxième erreur consiste à ignorer le prix réalisé. Tant que le cours n’a pas testé la zone des 53 000 dollars, l’hypothèse d’un plancher déjà atteint reste fragile. Historiquement, aucun bottom de bear market n’a été inscrit sans cassure de cet indicateur. Se positionner comme si le fond était derrière nous relève du pari, pas de l’analyse.
La troisième erreur serait de négliger le calendrier des flux ETF. Tant que les sorties nettes se poursuivent, l’offre disponible à la vente n’est pas épuisée. Surveiller le retournement de ces flux vaut mieux que d’anticiper un rebond sur la seule foi d’un RSI. La donnée institutionnelle, ici, prime sur le signal technique.
Notre analyse: un fond qui se construit, pas un rebond garanti
Le faisceau d’indicateurs est cohérent et il pointe vers une zone de fin de cycle baissier. RSI survendus à des niveaux records, prix réalisé à portée, volatilité au plancher signalant une fin de vente, calendrier des 40 semaines compatible avec un bottom avant fin novembre 2026. Sur le plan des cycles longs, la logique tient.
Mais aucun de ces signaux ne dit quand ni à quel prix. Le prix réalisé suggère un test possible des 53 000 dollars, voire un débordement temporaire sous ce seuil. Les 4,68 milliards de dollars de sorties d’ETF rappellent que l’absorption institutionnelle n’est pas encore là. Le processus de capitulation semble avancé, il n’est pas nécessairement terminé.
Ce que les récits d’euphorie oublient, c’est qu’un bottom se traverse rarement d’un coup. Une fois le point bas atteint, il faudra encore une phase de consolidation, plus ou moins longue, avant un réel retour à la hausse. L’offre plafonnée à 21 millions et la mécanique du halving restent les fondamentaux de long terme. À court terme, la patience et le cold storage valent mieux que le pari sur un rebond immédiat.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement. Les crypto-actifs sont des placements très volatils et présentent un risque de perte totale du capital investi. Faites vos propres recherches (DYOR) et, si besoin, consultez un conseiller financier agréé avant toute décision d’investissement.
Bitcoin proche du bottom: les signaux clés du bear market
- Bitcoin cote 50 % sous son sommet après plus de 40 semaines de baisse
- RSI Nasdaq/BTC à 72,6, plus haut niveau jamais enregistré
- Prix réalisé autour de 53 000 $, soit environ 18 % sous le cours
- 13 jours consécutifs de sorties nettes d'ETF, soit 4,68 milliards de dollars
- Près de 640 milliards de dollars de pertes latentes sur le réseau
- Un bottom possible avant fin novembre 2026 selon le schéma des cycles
Sources
3 sources · 3 faits vérifiés
- Faille Coldcard : 100 millions de dollars en Bitcoin volés, comment vérifier que vos clés tiennent - 5 août 2026
- Trump Media transfère encore 2 628 bitcoins vers Crypto.com : ses réserves fondent à 4 261 BTC - 3 août 2026
- Coldcard : 1 083 BTC volés en 41 minutes, ce que révèle la faille sur l’auto-conservation - 2 août 2026




