Le scénario d’un point bas durable du Bitcoin continue d’être repoussé par une partie des intervenants. Plusieurs traders et analystes estiment que le creux du marché baissier sur le BTC ne serait pas atteint avant le T4, avec un minimum de patience jusqu’au T3. Cette lecture s’appuie sur un faisceau d’indices, entre contexte macroéconomique, structure de marché, données on-chain et comportement des détenteurs à long terme. Voici cinq éléments concrets à surveiller cette semaine pour jauger si la pression vendeuse se dissipe ou si le marché reste exposé à une dernière phase de capitulation.
Des traders visent un point bas du Bitcoin au T3 ou au T4
Le message dominant chez plusieurs desks et commentateurs est prudent, le marché n’affiche pas encore les conditions typiques d’un plancher de cycle. L’idée centrale est simple, un point bas de BTC intervient rarement tant que le marché n’a pas intégré un choc final de liquidité, ou une période prolongée d’apathie avec volumes faibles et volatilité comprimée. Dans ce cadre, certains estiment que viser le T3 comme horizon minimal est cohérent, et que le T4 reste plausible si les facteurs macro se dégradent ou si l’appétit pour le risque tarde à revenir.
Sur le plan de la microstructure, ces lectures s’appuient souvent sur l’absence de nettoyage complet des positions spéculatives. Les marchés de dérivés, notamment les contrats perpétuels, peuvent amplifier les mouvements quand l’effet de levier remonte trop vite lors des rebonds. Tant que les reprises s’accompagnent d’un repositionnement agressif à la hausse, une nouvelle vague de liquidations reste un risque, ce qui retarde la construction d’un plancher. Les observateurs cherchent donc un rééquilibrage plus sain, avec des rebonds moins mécaniques et une demande au comptant plus visible.
Autre argument fréquemment cité, la chronologie des cycles précédents. Sans prétendre à une répétition parfaite, les planchers se forment souvent après plusieurs mois de baisse, puis une phase latérale prolongée. Quand le marché tente de repartir trop tôt, il peut retomber sur des zones de support majeures, voire les enfoncer brièvement, avant de stabiliser. Dans cette optique, le calendrier pas avant le T3 traduit une attente de maturation du creux, plus qu’une prédiction au jour près.
Cette prudence influence les stratégies. Les opérateurs court terme privilégient des niveaux techniques précis, stops serrés, prises de profit rapides, tandis que des investisseurs plus patients étalent leurs achats. La clé est la gestion du risque, car un marché peut rebondir fortement sans que le point bas structurel soit déjà validé. Les prochains jours seront scrutés pour vérifier si le marché consolide proprement ou s’il retombe sous des seuils qui invalideraient les signaux de reprise.
La Réserve fédérale et les taux réels pèsent sur l’appétit pour le risque
Le Bitcoin reste sensible au contexte macro, en particulier à la trajectoire de la Réserve fédérale et aux conditions de liquidité en dollars. Quand les taux directeurs restent élevés, ou quand le marché anticipe un maintien prolongé, les actifs risqués souffrent souvent, car le rendement sans risque redevient compétitif. Dans ce climat, les flux se dirigent plus volontiers vers les obligations ou les instruments monétaires, ce qui réduit la demande marginale pour le BTC.
Un indicateur suivi de près est le niveau des taux réels, c’est-à-dire corrigés de l’inflation anticipée. Des taux réels fermes tendent à durcir les conditions financières, ce qui pénalise les valorisations et la spéculation. Les intervenants comparent aussi la dynamique du dollar et des indices actions, car un dollar fort et des actions sous pression s’accompagnent fréquemment d’un crypto-marché plus fragile. Cette semaine, les publications macro, les commentaires de banquiers centraux et les adjudications obligataires peuvent influencer les anticipations et, par ricochet, le BTC.
Les traders regardent également les conditions de liquidité globales, comme l’évolution des facilités de la banque centrale et la demande de financement à court terme. Quand la liquidité se contracte, les actifs les plus volatils réagissent vite. À l’inverse, un assouplissement, même partiel, peut soutenir des rebonds, sans garantir une inversion de tendance durable. C’est l’une des raisons pour lesquelles certains préfèrent attendre des signaux macro plus nets avant de parler de point bas.
Dans ce contexte, la volatilité peut revenir brutalement lors d’un catalyseur, chiffre d’inflation, emploi, ou surprise sur les anticipations de taux. Pour le Bitcoin, cela signifie que les niveaux techniques doivent être replacés dans un cadre plus large. Un support peut céder si un choc macro déclenche une réduction du risque généralisée. Inversement, une détente sur les taux peut provoquer un rallye, même si la thèse point bas au T4 reste défendue par certains.
Les données on-chain surveillent capitulation, profits et stocks d’échange
Au-delà du macro, les indicateurs on-chain sont utilisés pour repérer les phases de capitulation et la transition vers l’accumulation. Plusieurs mesures visent à estimer si les investisseurs vendent à perte, si les profits se normalisent, et si l’offre liquide se raréfie. Les analystes suivent notamment la rentabilité des pièces en circulation, la part de l’offre en profit ou en perte, et les comportements des détenteurs de long terme, souvent considérés comme une base plus stable.
Un signe de stress est la montée des ventes réalisées à perte, souvent observée lors des capitulations. Mais pour valider un plancher, certains cherchent une combinaison, un pic de pertes réalisées, puis une baisse progressive, et une stabilisation des flux sortants. L’évolution des réserves d’échange est aussi scrutée. Quand les soldes sur plateformes augmentent, cela peut signaler une intention de vente. Quand ils baissent, cela peut refléter des retraits vers des portefeuilles de conservation, ce qui réduit l’offre disponible à court terme.
Les données sur les coins dormants donnent un autre angle. Si des pièces très anciennes bougent soudainement, cela peut signaler une prise de profit ou une redistribution. Dans un marché baissier, des mouvements de coins anciens peuvent être interprétés comme une perte de conviction, mais ils peuvent aussi correspondre à des réorganisations internes, des changements de garde, ou des opérations d’institutionnels. Les analystes tentent donc de relier ces signaux à des mouvements de prix et à des volumes pour éviter les lectures hâtives.
Enfin, la structure de l’offre, entre détenteurs court terme et long terme, aide à évaluer la solidité d’un rebond. Si la reprise est portée surtout par des acheteurs récents, la fragilité est plus forte, car ces acteurs peuvent couper rapidement en cas de baisse. Un plancher plus robuste s’observe souvent quand les détenteurs long terme cessent de distribuer et que l’offre se resserre. Cette semaine, la trajectoire des flux d’échange et des pertes réalisées peut renforcer, ou affaiblir, l’hypothèse d’un point bas repoussé vers le T3 ou le T4.
Les marchés dérivés du BTC révèlent l’effet de levier et le risque de liquidation
Les dérivés jouent un rôle central dans la volatilité du BTC. Les contrats perpétuels et les options donnent des indices sur le positionnement, le coût du levier et la demande de protection. Les traders surveillent les taux de financement, qui indiquent si les positions longues paient les positions courtes, ou l’inverse. Des financements durablement élevés peuvent signaler un marché trop optimiste à court terme, ce qui augmente le risque d’un retour violent vers le bas.
L’open interest, c’est-à-dire le volume de positions ouvertes, est un autre indicateur. Quand l’open interest grimpe rapidement pendant une hausse, le mouvement peut être alimenté par l’effet de levier plus que par l’achat au comptant. Cela rend le marché vulnérable à un flush de liquidations si le prix se retourne. À l’inverse, une baisse de l’open interest après une correction peut traduire un nettoyage du levier, ce qui prépare parfois un rebond plus sain.
Le marché des options permet aussi de lire les anticipations de volatilité et la demande de couverture. Une hausse de la volatilité implicite, ou une demande marquée pour des puts, peut refléter une nervosité et une protection contre une baisse. Mais ces couvertures peuvent aussi limiter les ventes au comptant, certains investisseurs préférant acheter une assurance plutôt que liquider leurs positions. Les desks regardent les niveaux de max pain, les concentrations de strikes et les échéances, car ces zones peuvent attirer le prix en période de faible catalyseur.
Dans une semaine typique, un enchaînement est fréquent, hausse rapide, financement qui monte, open interest qui gonfle, puis mouvement inverse déclenché par un niveau technique ou une nouvelle macro. C’est pour cela que la thèse d’un point bas tardif reste populaire, le marché peut rebondir par à-coups, tout en restant piégé dans une dynamique de liquidation. Les prochains jours seront révélateurs si le levier se reconstruit trop vite, ou si les flux au comptant prennent le relais.
Les niveaux techniques et la psychologie de marché dominent les décisions à court terme
À court terme, les décisions se prennent souvent sur des niveaux techniques, zones de support et de résistance, moyennes mobiles, plus hauts et plus bas récents. Les traders cherchent des confirmations, clôtures journalières au-dessus d’un seuil, reprise d’un niveau perdu, ou au contraire cassure nette qui valide une continuation baissière. Sur le Bitcoin, ces niveaux deviennent des points de référence collectifs, car ils concentrent ordres stop, prises de profit et entrées conditionnelles.
La psychologie joue un rôle direct. Après une longue baisse, une partie du marché guette le moindre signal de reprise et peut sur-réagir aux rebonds, ce qui crée des rallyes rapides, suivis de corrections. À l’inverse, quand la lassitude s’installe, les volumes baissent et le marché devient plus facile à déplacer par des ordres importants. Cette alternance nourrit l’idée que le point bas réel demande du temps, avec une phase d’ennui et de latéralisation avant une reprise plus solide.
Les observateurs comparent aussi le comportement du BTC face aux actions technologiques et aux indices globaux. Une décorrélation haussière, Bitcoin qui tient pendant que les actions faiblissent, est parfois interprétée comme un signal de force relative. Mais une corrélation qui se renforce lors des séances de stress rappelle que le Bitcoin reste, pour beaucoup d’acteurs, un actif risqué. Cette semaine, les séances de marché américaines et les flux vers les produits d’investissement crypto seront surveillés pour détecter un changement de régime.
Dans l’immédiat, le scénario point bas au T4 ne signifie pas une baisse en ligne droite. Il décrit plutôt un marché susceptible d’alterner phases de rebond et rechutes, jusqu’à ce que la liquidité, les données on-chain et le positionnement dérivé convergent vers une stabilisation plus durable. Pour les investisseurs, cela renforce l’intérêt d’une approche graduelle, plutôt qu’un pari unique sur un creux parfait, surtout dans un environnement où le calendrier macro reste déterminant.
Questions fréquentes
- Pourquoi certains traders pensent-ils que le point bas du Bitcoin n’arrivera pas avant le T4 ?
- Ils avancent généralement trois arguments: un contexte macro encore restrictif (taux élevés, liquidité limitée), une structure de marché où l’effet de levier sur les dérivés peut provoquer de nouvelles liquidations, et des signaux on-chain jugés incomplets, comme l’absence d’une capitulation suivie d’une phase de stabilisation longue. Cette lecture ne fixe pas une date précise, elle décrit plutôt un processus de formation du creux qui peut s’étendre sur plusieurs mois.
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