Bitcoin à 95 000 dollars, or à 2 320 dollars, Kiyosaki cite le tournant monétaire de 1974, un signal rare suivi de près

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Robert Kiyosaki, auteur de Rich Dad Poor Dad, répète son conseil aux épargnants, se tourner vers Bitcoin, l’or et l’argent plutôt que s’en remettre uniquement aux monnaies traditionnelles. Dans ses prises de parole récentes, il rattache cette position à un moment charnière de l’histoire monétaire américaine, qu’il situe dans la séquence ouverte au début des années 1970 et prolongée, selon lui, par des décisions prises en 1974. Son argument central reste constant, la monnaie fiduciaire perdrait structurellement du pouvoir d’achat sur longue période, tandis que des actifs perçus comme rares offriraient une protection relative.

Ce discours s’inscrit dans un contexte où le prix du Bitcoin a connu des cycles marqués, alternant phases d’euphorie et corrections, pendant que l’or conserve un statut de valeur refuge dans de nombreux portefeuilles. Kiyosaki ne se présente pas comme un analyste macroéconomique académique, mais comme un vulgarisateur financier, ce qui explique un ton souvent tranché et des formules destinées au grand public. Pour ses lecteurs, l’intérêt est moins dans la précision historique au mois près que dans la logique exposée, construire une allocation qui ne dépend pas d’un seul régime monétaire.

Lorsqu’il évoque un retour en boucle du changement de 1974, il fait référence à l’idée d’un basculement durable vers un système dominé par la monnaie papier, le crédit et l’expansion de la masse monétaire. Dans l’histoire américaine, la rupture la plus documentée reste la fin de la convertibilité du dollar en or en 1971, puis la généralisation des changes flottants. La période 1973-1974 correspond, elle, à un environnement de chocs pétroliers, d’inflation et de tensions sur la croissance, qui a marqué les esprits et renforcé la demande d’actifs refuges.

Son message est repris et commenté parce qu’il se superpose à des préoccupations actuelles, inflation perçue comme persistante, endettement public élevé, hausse des taux sur certaines périodes, et recherche de diversification. Dans ses interventions, Kiyosaki insiste aussi sur une distinction, l’ argent au sens de monnaie légale, qu’il juge vulnérable, face à la notion de vraie monnaie, qu’il associe aux métaux précieux et, plus récemment, au Bitcoin. Cette grille de lecture est discutée par de nombreux économistes, mais elle conserve une audience importante sur les réseaux sociaux.

Robert Kiyosaki défend Bitcoin, or et argent face aux monnaies fiduciaires

Le socle de l’argumentaire de Robert Kiyosaki repose sur la défiance envers la monnaie fiduciaire, c’est-à-dire une monnaie dont la valeur dépend principalement de la confiance et de la politique monétaire. Il présente le Bitcoin, l’or et l’argent comme des alternatives, parce qu’ils seraient moins exposés à la création monétaire. Cette vision s’aligne sur une partie du discours hard money, qui valorise la rareté et la difficulté d’augmenter l’offre, en opposition à la flexibilité des banques centrales.

Dans la pratique, les trois actifs qu’il cite ne jouent pas le même rôle. L’or est un actif ancien, très liquide, détenu par des banques centrales et utilisé comme collatéral dans certains montages financiers. L’argent est plus volatil, davantage lié à des usages industriels, ce qui peut amplifier les mouvements de prix en période de ralentissement ou de reprise. Le Bitcoin, lui, reste un actif numérique récent à l’échelle historique, avec une volatilité élevée et une sensibilité forte au cycle de liquidité, au cadre réglementaire et au sentiment de marché.

Kiyosaki insiste sur la notion de protection contre la perte de pouvoir d’achat. Sur longue période, l’inflation érode mécaniquement la valeur d’une unité monétaire, mais la capacité d’un actif à compenser cette érosion dépend du point d’entrée, de l’horizon de détention et de la dynamique de marché. L’or a souvent servi de couverture dans des phases de stress, mais il peut aussi traverser des périodes prolongées de stagnation réelle. Le Bitcoin a déjà connu des hausses spectaculaires, mais aussi des baisses de grande ampleur, ce qui impose une tolérance au risque nettement supérieure.

Son discours touche aussi un public qui s’interroge sur la solidité du système financier. Après la crise de 2008, puis les épisodes de tensions bancaires dans plusieurs pays, la diversification hors du seul dépôt bancaire s’est imposée comme un sujet récurrent. Dans cette logique, détenir une part d’actifs non corrélés au système bancaire traditionnel peut être perçu comme une assurance. Mais cette assurance a un coût, volatilité, risques de conservation pour les cryptoactifs, spreads, fiscalité, et absence de rendement intrinsèque pour certains métaux.

Les critiques adressées à Kiyosaki pointent un risque de simplification. Présenter la monnaie fiduciaire comme vouée à l’effondrement ne correspond pas au consensus des institutions, et l’histoire montre des régimes monétaires capables de durer longtemps malgré l’inflation. De plus, le Bitcoin n’a pas encore traversé autant de cycles macroéconomiques que l’or. Son adoption reste en progression, mais elle dépend d’infrastructures, d’échanges, et de règles nationales qui peuvent évoluer rapidement.

Le repère de 1974 renvoie aux chocs inflationnistes et au dollar post-étalon-or

Quand Robert Kiyosaki évoque un tournant de 1974, il s’appuie sur une période où l’économie américaine, et plus largement occidentale, a été confrontée à une inflation forte et à une instabilité monétaire. Historiquement, la séquence débute avec la fin de la convertibilité du dollar en or en 1971, puis se prolonge avec la réorganisation du système monétaire international. Les années 1973-1974 sont marquées par le premier choc pétrolier, la hausse des coûts de l’énergie, et une inflation qui s’installe, ce qui a durablement influencé la perception du risque monétaire.

Dans ce cadre, la référence à 1974 peut être comprise comme un symbole, celui d’une époque où les ménages ont vu les prix augmenter vite, pendant que la croissance ralentissait. Cette combinaison, souvent associée à la stagflation, a remis au premier plan les actifs tangibles. L’or a connu des mouvements haussiers importants au cours des années 1970, même si la trajectoire n’a pas été linéaire. Le souvenir de cette décennie nourrit encore les récits sur la protection contre l’inflation.

Le parallèle avec la situation actuelle n’est pas automatique. Les économies contemporaines ont des structures différentes, mondialisation des chaînes d’approvisionnement, poids du secteur des services, rôle accru des banques centrales, et marchés financiers beaucoup plus profonds. Mais l’analogie fonctionne dans l’espace médiatique parce qu’elle met en scène un risque compréhensible, la monnaie perd de la valeur, et il faut des actifs rares. Pour une partie du public, cela justifie de détenir du Bitcoin et des métaux en complément d’une épargne classique.

Le point discuté concerne la solidité du lien causal. Les économistes soulignent que l’inflation dépend de multiples facteurs, politiques budgétaires, contraintes d’offre, salaires, anticipations, et crédibilité des institutions. La fin de l’étalon-or a changé les règles du jeu, mais elle a aussi permis une gestion plus flexible des crises, au prix d’un risque d’excès. Kiyosaki adopte une lecture plus binaire, où la flexibilité monétaire se traduit surtout par une dégradation inévitable de la monnaie.

Dans son récit, le retour en boucle signifie que les tensions actuelles rendraient visibles des fragilités déjà présentes depuis les années 1970. Cette idée séduit parce qu’elle propose une explication simple à des phénomènes complexes, dette, déficits, création monétaire, et hausse du coût de la vie. Elle peut aussi conduire à négliger des paramètres concrets, comme la capacité des États à lever l’impôt, la structure de la dette, ou le rôle des banques centrales dans l’ancrage des anticipations d’inflation.

Bitcoin et or, deux protections différentes, volatilité contre stabilité relative

Mettre sur le même plan Bitcoin et or revient à regrouper deux instruments qui réagissent souvent différemment aux chocs. L’or est généralement associé à une stabilité relative sur des horizons longs, avec des phases où il sert de valeur refuge lors de crises géopolitiques ou financières. Son marché est ancien, très liquide, et soutenu par une demande diversifiée, joaillerie, investissement, banques centrales. Cette profondeur réduit certains risques, même si le prix peut baisser quand les taux réels montent ou quand le dollar se renforce.

Le Bitcoin, lui, se comporte fréquemment comme un actif de croissance à bêta élevé. Il peut progresser rapidement quand la liquidité mondiale augmente et que l’appétit pour le risque revient, puis corriger fortement lors des phases de resserrement monétaire ou d’aversion au risque. Les partisans y voient une rareté programmée, avec une offre plafonnée à 21 millions d’unités, et une résistance potentielle à la censure. Ses détracteurs soulignent que la valeur dépend encore largement de l’adoption et de la confiance, ce qui le rapproche d’un actif spéculatif.

La question de la conservation distingue aussi les deux. L’or implique un stockage physique, avec des coûts et des contraintes de sécurité, mais il ne dépend pas d’une infrastructure numérique. Le Bitcoin nécessite des clés privées, des portefeuilles, et une hygiène de sécurité stricte. Les pertes par erreur de manipulation ou par piratage existent, même si les solutions de garde institutionnelle se développent. Cette dimension opérationnelle compte dans l’évaluation du risque réel pour un particulier.

Sur le plan réglementaire, l’or bénéficie d’un cadre connu, même si la fiscalité varie selon les pays. Le Bitcoin évolue dans un environnement plus mouvant, avec des exigences de conformité pour les plateformes, des débats sur la supervision, et des différences importantes d’un État à l’autre. Les investisseurs doivent intégrer ce risque de changement de règles, qui peut influencer l’accès aux marchés, la liquidité, et la perception de légitimité.

Dans un portefeuille, ces actifs peuvent jouer un rôle de diversification, mais leur poids dépend du profil de risque. Kiyosaki recommande souvent une exposition marquée, ce qui peut ne pas convenir à tous les ménages. Les approches plus prudentes privilégient une allocation graduelle, avec une part limitée de Bitcoin et une part modérée d’or, en complément d’actifs plus traditionnels comme des obligations de qualité ou des actions diversifiées, selon l’horizon et la tolérance aux fluctuations.

Le message de Kiyosaki s’inscrit dans la défiance envers la dette et les banques centrales

La popularité des prises de position de Robert Kiyosaki tient à un climat de défiance envers les institutions monétaires et l’endettement public. Dans de nombreux pays, la dette a augmenté, portée par des politiques de soutien en période de crise et par des déficits structurels. Pour une partie du public, cette trajectoire nourrit l’idée que la monnaie finira par être dévaluée, explicitement par l’inflation ou implicitement par des politiques accommodantes. Kiyosaki capte cette inquiétude et la transforme en consigne d’action, acheter Bitcoin, or et argent.

Cette lecture rencontre aussi un écho chez ceux qui ont vécu la hausse rapide des prix sur les dépenses contraintes, énergie, logement, alimentation. Même lorsque l’inflation ralentit, le niveau des prix reste plus élevé, ce qui entretient un sentiment de déclassement. Dans ce contexte, les récits d’actifs refuges circulent facilement, surtout quand ils sont portés par une figure médiatique connue. Les réseaux sociaux amplifient la portée de ces messages, au risque de réduire la place des nuances, comme la gestion du risque ou la diversification réelle.

Il existe aussi une dimension culturelle dans le succès de ce discours. Kiyosaki s’adresse à un public qui valorise l’indépendance financière et la méfiance envers les intermédiaires. Le Bitcoin s’intègre bien à cette narrative, parce qu’il repose sur un système décentralisé et sur la possibilité de détenir un actif sans banque. L’or joue un rôle similaire dans l’imaginaire collectif, celui d’une réserve de valeur tangible, reconnue au-delà des frontières. Dans les deux cas, l’argument émotionnel, garder le contrôle, se combine à l’argument économique.

Les limites apparaissent quand le message se transforme en certitude. Aucun actif n’offre une protection parfaite. L’or peut souffrir quand les taux réels augmentent, et le Bitcoin peut subir des corrections brutales, parfois sur des facteurs techniques ou réglementaires. L’argent ajoute une volatilité propre, liée à la demande industrielle. Pour un ménage, la priorité reste souvent la constitution d’une épargne de précaution liquide, puis la réduction de dettes coûteuses, avant d’augmenter l’exposition à des actifs risqués.

Le débat posé par Kiyosaki renvoie, au fond, à une question de confiance. Dans les monnaies modernes, la valeur repose sur la stabilité institutionnelle, la capacité de l’État à collecter l’impôt, et la crédibilité de la banque centrale. Quand cette confiance est contestée, les actifs alternatifs gagnent en attractivité. Le succès durable du Bitcoin dépendra de son adoption, de sa robustesse technique, et de sa capacité à s’intégrer à l’économie réelle sans perdre sa proposition de valeur initiale.

Questions fréquentes

Pourquoi Robert Kiyosaki privilégie-t-il le Bitcoin et l’or ?
Il estime que les monnaies fiduciaires perdent du pouvoir d’achat sur longue période et que des actifs rares comme le Bitcoin et l’or peuvent servir de diversification et de protection relative, malgré leurs risques propres, volatilité pour le Bitcoin, absence de rendement et cycles parfois longs pour l’or.
Alain câlin est un rédacteur spécialisé dans les univers de la cryptomonnaie, de la finance et des investissements digitaux. Originaire de Marseille, il s’est imposé comme une voix analytique et accessible dans un secteur en perpétuelle mutation. Passionné par la blockchain, les NFT et les nouvelles formes d’actifs numériques, il décrypte les tendances, les opportunités et les risques liés aux marchés décentralisés.
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