Crypto: Gillibrand exige l’interdiction des liens d’intérêts pour débloquer la loi Clarity Act

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La sénatrice démocrate Kirsten Gillibrand conditionne désormais l’avancée d’un texte majeur sur les actifs numériques, le Clarity Act, à l’adoption d’une interdiction explicite des liens entre responsables publics et industrie crypto. Selon elle, le projet de loi ne bougera pas sans un verrou clair sur les conflits d’intérêts, y compris pour le président, point devenu l’un des derniers blocages des négociations.

Kirsten Gillibrand lie le vote du Clarity Act à une interdiction des liens crypto

Dans les discussions au Capitole autour du Clarity Act, la position de Kirsten Gillibrand s’est durcie sur une question de gouvernance. La sénatrice, impliquée comme négociatrice côté démocrate, estime que le texte, présenté comme une clarification attendue du cadre des actifs numériques, ne peut pas progresser si le Congrès laisse subsister une zone grise sur l’exposition financière des élus et des hauts responsables à l’industrie qu’ils régulent.

Le cur de l’exigence porte sur une interdiction, ou à tout le moins une contrainte forte, visant les participations, activités de conseil, fonctions rémunérées, ou toute relation susceptible d’influencer la rédaction des règles. Cette demande s’inscrit dans un contexte où le débat crypto à Washington est régulièrement parasité par des accusations de proximité entre décideurs et entreprises du secteur, un sujet qui dépasse la seule technique législative pour toucher à la crédibilité de la régulation.

Gillibrand veut un mécanisme explicite, écrit dans la loi, qui couvre l’ensemble des responsables concernés, et pas uniquement certains membres du Congrès. Selon les éléments rapportés par la source, le périmètre inclut le président, ce qui transforme une discussion de conformité en enjeu institutionnel. Une telle extension soulève des questions juridiques et politiques, car elle touche à l’exécutif et à ses obligations d’éthique.

Cette ligne rouge intervient alors que les promoteurs du texte cherchent un compromis bipartisan. Le Clarity Act est conçu pour apporter des repères sur la qualification des tokens et les responsabilités des agences. Mais, pour Gillibrand, un texte de clarté qui ne traiterait pas la question des intérêts privés des décideurs laisserait une faille susceptible d’alimenter la défiance, au moment même où le Congrès prétend stabiliser le marché.

Le dernier point de blocage vise les conflits d’intérêts du président

Le fait d’inclure le président dans la contrainte demandée par Gillibrand change l’équation. Les règles d’éthique applicables aux élus, aux membres de l’exécutif et aux hauts fonctionnaires existent déjà à différents niveaux, mais elles sont parfois jugées inégales, complexes, ou trop dépendantes de déclarations et d’interprétations. La sénatrice veut, sur la crypto, une interdiction qui ne laisse pas place à des exceptions faciles.

Dans la mécanique législative, ce type de disposition peut devenir un point de crispation, car il oblige les rédacteurs à définir précisément ce qui constitue un lien avec l’industrie crypto. Faut-il viser la détention de crypto-actifs, la participation à des levées de fonds, l’accès à des jetons en avant-première, ou les relations avec des plateformes et émetteurs? Sans définition robuste, la règle risque d’être contournée. Avec une définition trop large, elle peut être accusée de décourager des profils compétents de servir l’État.

Le débat porte aussi sur les modalités de contrôle. Une interdiction crédible suppose des obligations de transparence, des délais de cession ou de mise en fiducie, et des sanctions. Or, le Congrès se heurte régulièrement à la difficulté de voter des règles éthiques strictes qui s’appliquent à lui-même et aux plus hauts niveaux de l’exécutif. Dans ce dossier, l’objectif affiché est d’éviter que des décisions sur les cadres de marché, l’enregistrement, ou les exemptions, soient influencées par des intérêts privés.

Sur le plan politique, l’insistance sur le président peut aussi être lue comme une manière de rendre la future régulation plus résistante aux alternances. Une règle écrite dans la loi, applicable indépendamment de l’orientation de la Maison-Blanche, limiterait le soupçon de favoritisme. Pour Gillibrand, l’enjeu dépasse l’image, il concerne la capacité du Clarity Act à s’imposer comme un texte durable, accepté par les acteurs institutionnels et par le public.

Cette exigence arrive alors que la crypto reste un sujet hautement polarisant, entre défense de l’innovation et crainte de dérives, fraudes, ou instabilité. Dans ce climat, une disposition anticollusion peut devenir un élément de compromis pour obtenir des voix, mais elle peut aussi faire perdre des soutiens chez ceux qui la jugent trop intrusive.

La négociation au Sénat oppose régulation des crypto-actifs et exigence d’éthique

Le Sénat fonctionne souvent par accords progressifs, chaque camp cherchant à sécuriser des garanties avant de céder sur d’autres points. Dans le cas du Clarity Act, la demande de Gillibrand s’insère dans une logique de donnant-donnant. Pour les démocrates prudents, une loi qui clarifie le marché sans traiter l’éthique pourrait être perçue comme une victoire offerte à l’industrie, sans contrepartie en matière de garde-fous.

Le texte vise à réduire l’incertitude réglementaire qui pèse sur les entreprises et les investisseurs, notamment sur la frontière entre actifs assimilables à des valeurs mobilières et ceux relevant d’un régime plus proche des matières premières. Mais la sénatrice met en avant un risque politique, celui d’un cadre écrit sous influence. Dans un environnement où les lobbys sont actifs, la question n’est pas seulement l’architecture des règles, mais la confiance dans ceux qui les écrivent.

Les négociations portent aussi sur la manière dont les agences fédérales appliqueront le futur cadre. Un point de friction récurrent dans les débats crypto est la répartition des rôles entre autorités, et la crainte d’une régulation trop répressive ou, au contraire, trop permissive. L’introduction d’une interdiction des liens d’intérêts peut être présentée comme un moyen de garantir que l’arbitrage institutionnel se fera sur des critères techniques, pas sur des intérêts personnels.

Dans les couloirs du Congrès, ce type de discussion est souvent influencé par des considérations pratiques. Certains élus plaident pour des règles d’éthique renforcées, mais redoutent des obligations impossibles à tenir, ou des contrôles qui reposeraient sur des structures déjà sous pression. D’autres estiment qu’une interdiction claire, même stricte, vaut mieux qu’un système de déclarations qui laisse prospérer le soupçon.

La position de Gillibrand crée un test: les partisans d’une loi de clarté sont-ils prêts à accepter une contrainte éthique forte pour obtenir le texte? Si la réponse est négative, le projet risque de s’enliser. Si elle est positive, le Congrès pourrait envoyer un signal que la régulation des crypto-actifs ne se limite pas à des définitions juridiques, mais inclut des barrières contre les conflits d’intérêts.

Un texte de clarté sous pression après les critiques sur l’influence de l’industrie

La dynamique autour du Clarity Act illustre une difficulté structurelle, réguler un secteur jeune, technique, et politiquement chargé, tout en répondant à une demande de probité. Les critiques sur l’influence de l’industrie crypto à Washington, alimentées par le poids des financements, des réseaux de conseil et des passerelles entre public et privé, rendent chaque concession plus coûteuse sur le plan symbolique.

Pour les promoteurs du texte, l’objectif est de donner un cadre lisible, susceptible de favoriser l’investissement et l’innovation, tout en réduisant les contentieux. Mais la lisibilité ne suffit pas si l’opinion pense que les règles sont écrites par des décideurs ayant des intérêts directs. Gillibrand met ce risque au centre, en faisant de l’éthique la condition préalable à la poursuite du processus.

Une interdiction des liens d’intérêts pourrait aussi avoir un effet sur la manière dont les entreprises du secteur approchent le pouvoir. Si la loi limite clairement les relations rémunérées ou les participations, elle peut réduire la tentation de stratégies d’influence fondées sur des avantages personnels. Pour les acteurs institutionnels, ce serait un moyen de protéger la future régulation contre des accusations de capture réglementaire.

Reste la question du calendrier et de la faisabilité politique. Les textes complexes avancent rarement sans concessions. Inscrire dans la loi une règle couvrant le président suppose un accord délicat, et peut déclencher des résistances au nom de la séparation des pouvoirs ou de la compatibilité avec les dispositifs existants. Mais l’alternative est claire dans la formulation attribuée à Gillibrand: sans contrainte sur les responsables, le texte ne progresse pas.

Dans l’immédiat, ce bras de fer donne une indication sur la trajectoire du débat crypto au Congrès. Les discussions ne portent plus seulement sur la classification des tokens ou les obligations des plateformes, elles portent aussi sur la légitimité de ceux qui écrivent les règles. Le sort du Clarity Act dépend désormais d’un arbitrage entre ambition réglementaire et exigence d’intégrité publique.

Questions fréquentes

Pourquoi Kirsten Gillibrand conditionne-t-elle le Clarity Act à une interdiction des liens avec l’industrie crypto ?
Elle estime qu’une loi destinée à encadrer les crypto-actifs perdrait sa crédibilité si les responsables publics susceptibles d’influencer la régulation conservent des intérêts financiers ou des relations rémunérées avec l’industrie concernée. Selon sa position, l’interdiction doit être explicite et couvrir aussi le président, pour réduire les soupçons de conflits d’intérêts et faciliter un compromis politique durable.
Alain câlin est un rédacteur spécialisé dans les univers de la cryptomonnaie, de la finance et des investissements digitaux. Originaire de Marseille, il s’est imposé comme une voix analytique et accessible dans un secteur en perpétuelle mutation. Passionné par la blockchain, les NFT et les nouvelles formes d’actifs numériques, il décrypte les tendances, les opportunités et les risques liés aux marchés décentralisés.
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